«On assiste à l’émergence d’un terrorisme low cost»

Par La Tribune de Genève

Sécurité – Les instruments pour lutter contre le terrorisme doivent être renforcés. Un plan d’action national est en train d’être élaboré.


«Le terrorisme low cost demande peu de moyens et une planification rudimentaire. Il peut frapper n’importe qui, n’importe où, n’importe quand.» La directrice de fedpol Nicoletta della Valle est venue présenter ce mardi le rapport de la task force TETRA sur la lutte contre le terrorisme à motivation djihadiste en Suisse. Interview.

Qu’entendez-vous par un terrorisme low cost?

Les derniers attentats en Allemagne ou en France ont été commis avec des moyens relativement simples. Avec un camion comme à Nice ou Berlin ou des couteaux. Ce sont des attaques qui sont faciles à organiser et qui ne coûtent pas cher. Cette méthode diminue aussi les possibilités pour les autorités de sécurité de détecter les signes avant-coureurs d’un attentat, puisque la durée de préparation d’une attaque peut être extrêmement courte.

Cette situation augmente-t-elle les risques pour la Suisse?

La menace a augmenté, mais ce n’est pas nouveau. Comme l’a rappelé le Service de renseignement, cette hausse remonte à des mois. Elle a cru dans toute l’Europe, et la Suisse n’échappe pas au phénomène.

Le rapport montre qu’il reste des lacunes en Suisse pour combattre le terrorisme, notamment en ce qui concerne les mesures de coercition.

Il manque encore une base légale pour pouvoir prendre des mesures de coercition avant la procédure pénale. Si on soupçonne un jeune de vouloir partir faire le djihad, on aimerait pouvoir l’empêcher de voyager, en l’obligeant par exemple à s’annoncer au poste de police, ou en lui confisquant ses documents d’identité. Des projets de loi sont en préparation. La consultation devrait avoir lieu cette année. Ce sera ensuite aux politiques de s’emparer du projet.

L’autre lacune que vous évoquez, c’est l’impossibilité de communiquer certaines informations aux autorités étrangères.

Prenez le cas d’un bureau de communication étranger en matière de blanchiment d’argent. Si ce dernier nous demande des informations au sujet d’un compte bancaire en Suisse soupçonné de financer le terrorisme, nous sommes souvent bloqués pour lui répondre. Pour donner suite à cette demande, nous devons au préalable avoir l’annonce d’une banque suisse. Là aussi, nous essayons de préparer une base légale pour faciliter les échanges avec l’étranger. (TDG)

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